Conte d’Hiver

Au pied des Chênes, tout est silence
Harmonie dans notre souffle commun
Les chants d'oiseaux sont proches
Et l'écho répond d'une autre voix
Je me blottis dans le creux moelleux
Et m'établis dans la présence du gardien du lieu
Mes yeux se ferment... quelques instants en suspens
Des murmures dans les branches du jeune Hêtre
Eveillent mon attention
Un froissement d'ailes me ramène dans l'instant
Une buse est là, juste au-dessus de moi
Je suis chez elle
Elle m'observe de son regard perçant
Déploie ses ailes et prend son élan
J'accueille sa visite comme un présent du ciel
Allume une bougie en offrande
Et dépose quelques biscuits aux six directions
Je me rassieds près du gardien
Qui déploie ses branches et s'étend
Le lieu est vivant
Nouveau chuchotement dans les feuilles
Une présence est annoncée
Du coin de l’œil je perçois un mouvement
Une flamme vient de passer le portail
Du bout du museau à la queue
Flamboyant, il se faufile, furette
S'arrête et puis repart
Il traverse le chemin, disparaît dans les buissons
Tel un songe, il s'est évanoui
Tel un rêve, il m'a éblouie
Gratitude infinie à ce messager
Qui a traversé l'espace de son pas léger